Histoire d’une naissance d’un bébé se présentant par le siège – Comment préserver la physiologie dans un univers médical grâce au plateau technique

Comme mes deux précédentes grossesses, celle-ci s’est passée sans souci médical. Très surveillée du haut de mes « presque » 40 ans et avec un projet d’Accouchement À Domicile, nous avons, bébé et moi, passé toutes les barrières protocolaires. Toutes raisons gardées, bébé n’a pas souhaité présenter sa tête vers la sortie. Malgré les séances d’hypnose, d’acupuncture, d’ostéopathie et de nombreuses positions sur la tête, bébé a décidé de donner l’alerte un matin, toujours la tête près de mon coeur. Heureusement, deux jours avant, l’accouchement par voie basse avait été accordé par la
maternité.

Jour J – Je devais me rendre à 1 h de chez moi pour la dernière séance d’ostéo. Lors de mes deux premiers accouchements, la poche des eaux avait rompu. Je ne connaissais pas cette sensation de contraction avec une poche bien pleine. Et puis, nous avions trois semaines d’avance sur la date prévue. Mon amie qui devait m’assister lors de l’accouchement à la maison était partie en week-end. J’avais besoin d’elle, ce n’était vraiment pas le moment que le travail se mette en marche. Donc malgré ce léger tiraillement, il est 8h45, je prends une douche et me rend chez mon ostéo.

Comme à mon habitude, passage au toilette avant d’envisager quoi que ce soit à mon arrivée au cabinet. Tiens, j’ai une perte bizarre, comme si je venais de me moucher dans le papier toilette, mais rien de « rouge » donc tout va bien. Pour moi, le bouchon muqueux est beaucoup plus épais, non ?
La séance se déroule. Je parle de ces tiraillements à mon ostéo. Elle sent qu’une partie de mon cerveau s’est déconnecté, mais ne se prononce pas. Cela peut-être un début de travail, et il n’y aura plus rien dans quelques heures.
(Non, je ne veux pas accoucher aujourd’hui…)
Je fais le voyage retour, et là, dans ma voiture, les tiraillements se font plus intenses. Les vibrations sonores me soulagent. Bon j’ai d’autres choses à faire, j’ai une amie qui vient manger ce midi, une machine de linge à m’occuper… Allez, telle Gervaise (selon Zola), je fais fi de mon état et continue
tout en m’arrêtant de temps à autre pour vibrer et me soulager. Arrivé midi, j’appelle mon amoureux à son travail pour lui dire que cela est quand même bizarre, qu’il garde son téléphone non loin de lui, mais non, ce n’est pas ça, je ne peux pas accoucher aujourd’hui.
Mon amie ne peut venir manger ce jour là. Bon et bien tant pis…
Les tiraillements sont quand même de plus en plus intenses et m’obligent à m’arrêter quand ils sont là ; cesser de parler lors d’une communication téléphonique avec ma fille, par exemple.
Je rappelle mon amoureux « viens quand même, je trouve bizarre… mais non je ne vais pas accoucher… Bon d’accord j’appelle la SF si tu y tiens vraiment… mais je vais la déranger pour rien… »
Je le sens, ça y est, mon néo-cortex est déconnecté. Quelle douce sensation… Le futur papa arrive. Je suis sur le ballon, tout va bien, la vie est belle et je n’ai pas du tout envie de me rendre à la maternité. Oui, oui la SF va arriver, mais ce n’est pas le jour de mon accouchement, non, non, pas aujourd’hui…
Nous sommes tous les trois dans le salon. Ma SF commence à envisager le mélange des huiles pour les massages, le futur papa termine les préparations pour le départ. Moi perso, j’ai envie d’aller me mettre dans un bain… Bon ok, vas y, ausculte-moi, histoire de voir où nous en sommes…
Et bien non ! Pas de bain, de mélange d’huiles, nous partons à la maternité. L’ouverture est à son maximum, arrivée imminente…
Il est 15 h, l’accueil aux urgences est sympathique. Le personnel étonné de me voir souriante, si bien dans cet état. Et oui, ça y est, mon bébé va arriver, youpi !!!
Je suis « installée » dans une salle de naissance. Le bébé doit descendre avant d’aller plus loin. Le docteur me refuse l’accès à la salle physiologique malgré les recommandations écrites indiquées dans mon dossier.
La SF de garde autorise ma SF à rester avec moi et futur papa. Ils vont, tous les trois, pendant les heures qui suivent mettre tout en œuvre pour m’aider à adopter les postures que mon corps me dicte pour soulager les tiraillements qui se font maintenant vraiment intenses.
Je vibre, je vibre… Quel soulagement de vibrer ! D’envoyer mon souffle vers mon bassin. Allez ce n’est qu’un moment à passer, dans quelques heures mon bébé sera dans mes bras.
Ouh que je déteste ces liens (perfusion de glucose et monitoring en continu) et j’aimerais tellement en avoir d’accrochés au plafond pour me suspendre… Ggrrr, mais non pas d’adrénaline, tout va bien se passer. J’ai soif… Faim…
Je garde ma concentration sur moi-même, celle à laquelle j’accède lors de mes séances de yoga et d’hypnose. Au bout de plusieurs heures, le docteur accorde enfin à ce que la poche des eaux soient
rompues. Direction la salle de césarienne…
Bbrrr qu’il fait froid ! Oh quelle lumière ! Et tout ce monde qui s’agite autour de nous !!! Mais c’est quoi cette table ? Heureusement que je n’ai pas pris 30 kgs pendant cette grossesse…
Une grande fenêtre permet de s’évader vers l’extérieur, il y a de grands arbres. Non je ne suis pas là où je suis… Vite je vais me réfugier auprès de mon arbre.
Oh tiens, mon amoureux ressemble à un docteur, habillé comme cela. Viens par là que je te « sniffe », toi qui heureusement n’a pas mis de parfum aujourd’hui. Vive les phéromones !!!
La SF de garde rompt la poche des eaux. Elle me recouvre de draps, baisse les lumières. Nous sommes enfin seuls. Mon amoureux à mes côtés. Ma SF dans le couloir, je vois juste sa tête par la lucarne qui me dit de tenir bon. Elle mime ses sages conseils au futur papa.
Je pense à Magali de « Naître enchanté », à son « oui » inconditionnel. A bas l’adrénaline si je veux conserver ma production d’ocytocine et continuer à avoir des contractions « utiles ».
Vite je retrouve la chaleur, je transpire à force d’aider mon bébé à descendre.
Oh que j’aimerais me tenir à genou. Cette table est vraiment inconfortable… Derrière la porte ma SF nous propose une posture. Oui, c’est comme si j’étais accroupie.
Oh ça y est, je sens le petit pied de bébé qui fait toc toc. Oh il s’est tourné !!!
L’agitation est à son max, ça y est, c’est le clou du spectacle. Je ne serais dire combien de personnes sont devant moi… Il est presque 20h.
Plus que 3, 4 poussées…, bébé est là. Je veux le mettre sur moi, tout de suite. « Mais arrêtez de l’essuyer, il a besoin de son vernix… Je prends la dose d’arnica, non merci pas d’hormone de synthèse. Attendez qu’il cesse de battre avant de couper le cordon. »
C’est une fille… Elle n’a pas envie de téter. « Allez aide moi pour la délivrance ». Bébé ne veut pas titiller mes tétons, pas grave papa s’en charge. Enfin nous sommes seuls dans cette salle. Plaf ! Le placenta sort.
Tiens ma SF n’est plus à la fenêtre… A-t-elle eu droit à ce partage d’émotions si intense ? La suite me dira que le monde médical ne partage pas ce plein d’humanité… Frustrée, elle a été conduite dans la salle d’attente pour ces 5 min de bonheur dont elle avait, elle aussi, besoin pour terminer son accompagnement.
Malgré ma préparation à un accouchement physiologique, je n’aurais pu mener à bien cette épreuve physique sans accompagnement dans cet environnement médical. Toutes les lectures et autres apprentissages théoriques ne sont plus re-mémorables, le cerveau intelligent (néo-cortex) est déconnecté. Mon conjoint a joué son rôle de soutien. Ma SF m’a prodigué son savoir. La SF de garde a joué son rôle de relais entre les protocoles liés à la présentation et mes besoins physiologiques. L’interne avait envie de pratiquer cette manœuvre qui se présente rarement. Tous ces éléments ont permis à ma fille de voir le jour « naturellement ». La présence de ma SF a vraiment été essentielle. Une confiance mutuelle s’est installée lors de nos rendez-vous durant la grossesse. Elle savait comment me guider physiologiquement.

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